On entend souvent les artistes se plaindre de l’arrivée de l’IA et de ce que ça implique pour eux. Je suis d’accord qu’il y a du négatif et des problèmes éthiques. Mais je crois que l’IA générative offre de merveilleuses possibilités pour les créateurs.
Je crois tout de même qu’il y a plus de positif que de négatif pour les artistes qui décident de suivre l’évolution de la technologie. Avant d’expliquer pourquoi j’adhère à l’utilisation de l’IA dans la création, je prendrai quelques lignes pour balancer mon propos. Parce que oui, il y a du négatif et des risques. Voyons voir!
Les risques de l’IA en création
Le principal risque, ou problème, avec l’IA générative, c’est que les images qu’elle crée proviennent d’une base de données de créations antérieures. Donc, fondamentalement, elle pige dans des œuvres déjà créées par quelqu’un, les copie, et les modifie. Le problème est de niveau éthique.
On pourrait dire que l’IA copie des œuvres et va à l’encontre des droits d’auteurs. La question c’est surtout de savoir à quel point c’est différent de quelqu’un qui s’inspire du travail d’un collègue. Ce qui dérange – avec raison – c’est que l’IA ne dit pas s’être inspiré de d’autres œuvres. Elle produit simplement à partir d’une demande et de ce qu’elle trouve.
Donc, si on ne part de rien et qu’on demande à une IA de créer une image, elle va assurément piger dans des images protégées par le droit d’auteur. Ainsi, je suis d’accord que si on demande à ChatGPT, Nano banana, CapCut ou autre IA générative de produire une image à partir de zéro, on tombe automatiquement dans le plagiat. Et là, ça pose réellement problème.
Pourquoi j’adhère
Mais pourquoi j’adhère alors? Parce que pour un artiste, ça devient un outil intéressant. Pour un créateur, ça peut permettre de sauver du temps, de valider un concept, ou simplement d’aller une petite goutte plus loin.
Je vois l’IA comme un outil. Fondamentalement, c’est un peu comme utiliser Photoshop. Ça permet de faire de magnifiques ajustements à nos images. Mais on doit tout d’abord créer notre image. C’est là que je place la ligne.
Si les outils sont utilisés afin de pousser la création un peu plus loin, c’est bon pour moi. Mais il faut, à la base, avoir créé quelque chose avant de pousser l’œuvre inachevée vers Nano banana.
Comment j’utilise les IA
J’utilise principalement les outils d’intelligence artificielle de trois manières : pour relire un texte et suggérer des ajustements, pour transformer une photo en une image d’un autre style, ou pour des ajustements mineurs.
Pour chaque chose, j’utilise un outil différent. Car, il faut bien comprendre que, chaque outil a ses forces et ses faiblesses. Et bien que ChatGPT soit le plus connu, il est loin d’être le meilleur dans tout.
Relecture
Ce n’est pas ce que j’utilise le plus, mais comme c’est une option que je considère intéressante, je la mets ici. Lorsque je veux améliorer un texte, je vais parfois demander son opinion à Gemini. De façon générale, il suggère de très bons ajustements. Ensuite, je prends ce qui me semble pertinent et valable et je réajuste mon texte.
La force de Gemini est qu’il pourra proposer des angles auxquels je n’ai pas pensé. Si je considère que ça vaut la peine d’en parler, j’ajouterai une section à mon texte. Si je trouve que c’est inutile, je vais simplement l’ignorer.
Je vais parfois aussi lui demander de faire une recherche pour moi. Ensuite je vais valider les informations pour m’assurer qu’il n’y a pas d’erreur. Mais ça permet d’avoir une base, un point de départ.
Ajustements mineurs sur une image
Des trois utilisations dont je parle ici, celle-ci est probablement celle que j’utilise le moins. Mais je considère que c’est une des bonnes façons d’utiliser les IA génératives.
Par exemple, je fais une séance photo, je m’installe à la table de montage et mon modèle quelque chose qui ne marche pas avec ses cheveux frisés. Détourer des cheveux frisés, c’est une des choses qui me fait le plus chier. Il se pourrait donc que je demande un petit coup de main afin de sauver du temps. Évidemment, pour avoir le bon résultat, il faut savoir parler avec les IA. Elles n’ont pas toutes la même façon de parler.
Je mets cette image en exemple. Plutôt que de mettre beaucoup de temps à travailler à détourer les cheveux pour changer le fond, je vais demander à mes amis numériques. Comme il fait un bon travail et que je ne fais pas ce genre de requête souvent, j’utilise Nano banana. J’aime moins ChatGPT car il prend souvent trop de liberté. Surtout qu’on ne peut pas utiliser deux images avec la version gratuite.
Je mets l’image de base avec les résultats offerts par Nano banana et ChatGPT. Mon prompt était : Remplacer l’arrière-plan de la photo de gauche par la photo de droite.


Notez aussi que ChatGPT est extrêmement lent si vous utilisez la version gratuite.


Parfois, ça peut aussi simplement être de remplacer un objet dans la main d’un modèle. Je me suis amusé ici à remplacer une ampoule par un vibrateur.


Faire cette modification avec Photoshop m’aurait pris plusieurs minutes. Avec Nano banana… 25 secondes. Mais l’image reste la mienne, puisque la photo est la mienne (dans ce cas-ci, je l’ai prise sur un site spécialisé pour les besoins de l’article). Puis, je peux ensuite poursuivre mon travail et finaliser la photo comme je la veux. Mais je viens de sauver 15 à 30 minutes.
Changer une photo en autre chose
Mais ce que je fais le plus avec les IA, c’est de transformer une photo que j’ai prise en un autre genre d’image. Par exemple, une photo devient une animation toute droite sortie d’un film de fantasy.

Dans le cas présent, il s’agit d’un outil qui donne peu de contrôle. Normalement, j’utilise autre chose, mais cet outil est intéressant pour apprendre à manier les IA puisqu’il est gratuit et ne requiert aucune inscription. Ça permet de tester des styles avant de se lancer dans l’utilisation d’outils plus complexes.
Personnellement, je travaille souvent avec un outil qui me permet de transformer des photos en animation tout en respectant mon image et en ne modifiant que ce que je demande de modifier, de façon précise.
Par contre, il faut rester honnête lorsqu’on propose une image à un client ou simplement sur les réseaux sociaux. On doit le dire si l’image est une création de l’IA. Cela dit, si la création vient de l’artiste et que l’IA ne fait qu’une modification, l’œuvre demeure celle de l’artiste.
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Finalement, les IA génératives ne sont que de nouveaux outils, comme l’ont été les Photoshop et Illustrator de ce monde. Il restera toujours aux artistes de maitriser les outils et de montrer qu’au final, un vrai créateur offrira quelque chose de meilleur qualité que monsieur Tout-le-Monde.